Roches et
carrières de Sicile
publié dans Pierre
Actual n° 834, février 2006

Eruption de l'Etna
Que reste-t-il aujourd'hui de la production de roches
ornementales de l'île ? Notre visite en septembre
Les premiers habitants de
Sicile ont laissé quelques gravures pariétales au Monte Pellegrino de Palerme ;
ceux du Néolithique ont exploité les silex de Sicile, et les obsidiennes des
îles voisines (Lipari et Pantelleria) pour les diffuser en Méditerranée, sans
toutefois construire de temples comparables à ceux de Malte. A l'âge du Bronze,
plusieurs civilisations ont été identifiées à Castellucio, Thapsos, Pantalica
et Cassibile, qui ont creusé dans les falaises des tombes à chambre dont la
porte était une dalle grossièrement sculptée, et dressé quelques murailles
rustiques ; des objets mycéniens en bronze étaient importés à cette époque.
Les premiers grecs arrivent
sur la côte orientale vers -734, fondant la colonie de Naxos, tout près de
Taormine. Venus de Chalcis et Erétrie en Eubée, ils sont rapidement suivis
par des émigrés de Corinthe, de Mégare,
de Crète, d'Ionie..., mais curieusement d'aucun Athénien. Ils quittent leurs
cités peut-être pour des raisons de surpopulation ou de commerce, plus
probablement parce que ces membres de la classe aristocratique avaient perdu
leurs pouvoirs et avantages au cours du passage à la démocratie. Ils
rencontrent des populations autochtones encore à l'âge du Bronze, comme les
Elymes dans l'ouest, les Sicanes dans le centre, et des Sicules indo-européens
dans l'est, immigrés plus récents (-XIIIe siècle) ; sur les côtes où ils
s'installent, ils rencontrent aussi quelques comptoirs puniques.
Les Grecs apportent la
métallurgie du fer, la monnaie d'or et d'argent, la planification urbaine, la
construction de temples majestueux, plus grands et encore mieux conservés que
ceux de

Le théâtre grec de Taormina près de Naxos

Temple de la Concorde à Agrigente

Temple de Ségeste, construit par les Elymes hellénisés
Pendant la période hellénistique de nombreux théâtres
sont entaillés dans les collines, comme ceux de Syracuse, Taormine, Ségeste,
Tyndaris, Morgantina. C'est également le début de la mosaïque polychrome, avec
quelques exemples à Morgantina (l'enlèvement
de Ganymède), Tyndaris, Solonte, Taormine, la plus célèbre étant la
scène de chasse de la place de
Les Phéniciens étaient installés dans l'îlot de Motya,
ainsi qu'à Solonte et Palerme, ils ont laissé peu de constructions, sinon leurs
habituels tophets où les enfants premiers-nés étaient brûlés.
Durant la période romaine
règne une grande prospérité, au moins pour les grands propriétaires qui ont
obtenu des latifundia, vastes surfaces cultivables sur lesquelles sont cultivés
le blé, la vigne, les olives. On construit de vastes amphithéâtres et des
établissements de bains ; le gouverneur Verrès s'étant livré au pillage des
oeuvres d'arts et à l'extorsion de fonds (73-71 av. J.C.), Cicéron l'accuse et
le fait condamner à restituer les biens volés. La mosaïque romaine débute aux
deux premiers siècles de notre ère avec des réalisations en noir et blanc à
décor géométrique (Catane, Taormine) ; au siècle suivant arrive la mosaïque
polychrome avec des figurations, entourées de décors floraux et d'un cadre à
motifs géométriques (Marsala, Syracuse, Agrigente).

Mosaïque de la Grande Chasse, Piazza Armerina Mosaïque des Amours, Piazza Armerina

Mosaïque des Jeux du Cirque, Piazza Armerina
Au IVe siècle, de grands propriétaires ou sénateurs se
font construire de luxueuses villas de campagne dans l'intérieur : la plus
extraordinaire est celle de Piazza Armerina, édifiée vers 320-330 après
J.C., découverte dans les années 50. On y compte
Les invasions des barbares
Vandales et Ostrogoths marquent la fin de l'Empire Romain d'Occident en 468,
ils n'ont laissé de traces que dans les annales. Ils sont chassés par le
Général Bélisaire qui rattache
En effet
Au XIIe siècle

La guérison de Lazare, et portique de la Chapelle Palatine, Palerme
Nef de la Martorana
- Le Palais des Normands est construit par Roger II en
1130, il contient des appartements splendidement décorés (qui ne se visitent
pas), mais surtout
- L'église de
- dans
- la cathédrale de Monreale et son cloître sont
édifiés par Guillaume II de 1172 à 1185; elle est entièrement décorée par

Christ Pantocrator de Monreale
Le cloître de Monreale

Portrait en mosaïque de Guillaume II, Monreale

Construction de la Tour de Babel, Monreale
Frédéric II de Hohenstaufen,
grand lettré, attire à sa cour de Palerme des intellectuels, supprime la
féodalité, mais ne laisse pas d'oeuvre architecturale. Ses successeurs Conrad
IV et Manfred règnent peu de temps, et en 1265 le Pape attribue le royaume à
Charles d'Anjou, frère de Saint Louis, qui installe sa capitale à Naples. La
pression fiscale excessive exaspère les siciliens, qui massacrent les français
le jour des Vêpres Siciliennes (30 mars 1282). Le royaume revient à Pierre III
d'Aragon, gendre de Manfred ; il restera sous domination aragonaise puis espagnole
jusqu'en 1860, à part une courte période de rattachement à
Au XV-XVIe siècles la sculpture de
Au XVII et XVIIIe siècles les congrégations
religieuses et les aristocrates s'enrichissent considérablement ; les villes
sont construites selon un plan d'urbanisme, de nombreuses églises s'édifient,
surchargées de décors dans le style baroque, de somptueux palais apparaissent à
Palerme et à Bagheria, comme dans de nombreuses villes de province. Le stuc à
base de plâtre, soigneusement poli pour imiter le marbre, est mis en oeuvre par
de grands maîtres palermitains comme les
frères Giacomo et Giuseppe Serpotta. L'art de la mosaïque est encore pratiqué
au XVIIIe siècle, comme le montre le portique de
De nombreuses carrières s'ouvrent pour produire les
calcaires marbriers de couleur, les jaspes sont récoltés en abondance. Au XVIIIe
siècle des inventaires signalent de nombreuses variétés : un manuscrit de
Schiavo décrit 83 types de pierres tendres et 71 de pierres dures, de Borsch
cite 36 localités de pierres dures avec de nombreuses variétés chacune (Montana
et Gagliardo, 1998).
D'autres marbres sont importés d'Italie (rouge de
Vérone, Vert des Alpes, Vert de Calabre, Jaune de Sienne, Portoro...), de
France (Rouge du Languedoc, Griotte), d'Espagne (brocatelle de Tortosa), de
Belgique (Noirs de Mazy, Namur, Sprimont), des pierres semi-précieuses de pays
plus lointains (lapis-lazuli, turquoise, quartz aventurine).

Saint Joseph par A. Gaggini Autel baroque de l'église Santa Catarina

Incrustation en relief, dite tramischi Cathédrale de Catane
Les dallages d'églises sont entièrement en marbres de
couleur à motifs géométriques, les colonnes torses abondent sur les autels. Aux
murs sont fixées des incrustations appelés a mischi : dans une plaque de marbre blanc ou de Noir de
Belgique étaient creusés des logements pour des pièces de marbres de couleur,
celles-ci étaient fixées par un mastic de colophane et de poudre de marbre. Les
interstices entre éléments étaient comblés par un enduit de poudre de marbre et
de chaux grasse, de couleur adaptée à celle des marbres, du soufre pouvait être
ajouté pour les marbres jaunes. Enfin un laborieux polissage avec de la ponce
et des plaques de plomb terminait le travail. On appelait tramischi
les incrustations comportant des parties en relief, invention propre à
A l'époque napoléonienne
En 1866, les lois
anticléricales du nouveau royaume d'Italie ordonnent l'expulsion des
congrégations et la saisie de leurs biens, d'innombrables objets d'art
disparaissent à cette occasion. Enfin
rappelons les nombreux séismes qui ont affecté l'Est de
Depuis quelques années un sérieux effort est fait pour
réhabiliter les plus importants immeubles baroques du centre des villes, mais
la tâche est encore immense et beaucoup de rues n'ont pas encore été ravalées,
laissant une impression d'abandon, tandis que les habitants s'installent dans
les zones résidentielles aux alentours.

Schéma structural

Carte des localités
En simplifiant largement, on
passe vers le nord à la chaîne des Sicilides, qui se continue dans les chaînes
côtières d'Afrique du Nord (Maghrébides) : cette chaîne représente la marge de
la plateforme africaine, avec des bassins plus ou moins profonds, dans lesquels
se déposent des calcaires de plateforme, puis, après la phase d'effondrement du
Jurassique moyen, des calcaires pélagiques ou des radiolarites ; le détail de
ces bassins (Imerese, Sicano) et plateformes intermédiaires (Sciacca, Trapani)
ne peut être exposé ici. Le bassin mio-pliocène de Caltanissetta recouvre
l'ensemble, avec des marnes contenant du sel et du gypse dans le Messinien.
Plus au nord se trouve une chaîne calcaire (les
Panormides), qui représente la dernière vraie plateforme du substratum
sicilien.
Par dessus sont venues :
- une nappe formée de Miocène, avec à la base un
mélange tectonique appelé argiles versicolores,
- deux nappes
sédimentaires, les unités de Troina et Monte Soro, formées de calcaires pélagiques
puis de flysch dit numidien, qui représentent selon les auteurs le bassin de
l'ancienne Méditerranée (
- la nappe Péloritaine, constituée principalement de
Paléozoïque métamorphique intrudé de granites, représentant le socle hercynien
du continent européen.
On a reconnu une phase tectonique alpine (Eocène) dans
la nappe de Troina, mais la phase principale s'est déroulée au Pliocène et
Quaternaire, au dessus d'un plan de subduction plongeant vers le NW : preuve de
l’activité tectonique récente, la nappe de Gela est venue s'intercaler dans le
Quaternaire ancien (Pléistocène).
L'Etna (
Les volcans actifs des Iles Eoliennes ont surgi de
Nous avons vu qu'à l'époque baroque de nombreux
marbres de couleur étaient exploités (Montana et Gagliardo en 1998 en ont fait
l'inventaire détaillé), et Dumon indiquait 600 carrières actives dans les
années 70, qui employaient plus de 8000 ouvriers. Comme nous allons le voir, la
situation a bien changé. Notons que les attributions stratigraphiques sont incertaines,
car la couverture de cartes géologiques au 1/100000 remonte aux années 1880 et
une seule carte au 1/50000 a été éditée.

Calcaire bréchique gris Grigio Billiemi Calcaire marbrier Rosso Sicilia
Dans le Lias inférieur-moyen calcaire de la formation
Inici on note des calcaires bréchiques gris bleuté. Ceux de Billiemi à l'ouest de Palerme,
massifs et fossilifères, représentent une brèche déposée sur les
pentes d'un récif ; on a extrait pour la construction de
Plus à l'est on trouve un calcaire noir d'aspect
bréchique à San Marco d'Alunzio, et des calcaires similaires gris à noir
dans le massif de Taormine, en fenêtre sous la nappe péloritaine. Il
resterait seulement une carrière à San Marco et une près de Taormine.
Dans la région de Custonaci, le Libeccio Antico
ou Diaspro tenero a été très apprécié en Sicile et exporté à Naples, en Toscane
et à Rome, sous forme de colonnes, balustres et incrustations a mischi :
c'est une brèche à ciment rouge latéritique, remplissant des paléokarsts à la
limite Lias-Dogger. Ses gisements sont presque épuisés, une tentative récente a
essayé de la remettre sur le marché. Des calcaires gris sombre appelés Nero
di Erice provenaient du Monte San Giuliano près de Trapani.
La localité de San Vito produisait un calcaire
rouge à Ammonites : elle est très décevante, ce n'est plus qu'une station balnéaire
comme tant d'autres, à stationnement partout payant. Toute production du fameux
marbre rouge a cessé depuis une trentaine d'années, sans doute pour cause de
difficultés d'accès et de faible épaisseur des bancs. Il y eut jusqu'à 50
carrières selon Dumon, on exploitait aussi les calcaires gris du Cénomanien
sous le nom de Grigio Perla.
D'autres calcaires rouges noduleux ou bréchiques
provenaient de Castellamare del Golfo (Monte Inici), d'Alcamo (monte Bonifato),
du Capo Gallo au NW de Palerme, du Monte Cumeta au dessus de Piana degli
Albanesi, et de diverses localités, jusqu'à Taormine : seul les flancs du Monte
Cumeta sont encore en activité.
Sur la plateforme panormide se rencontrent des
lumachelles à Rudistes, comme celle de Capaci au NW de Palerme (Pizzo
Muleta), à fond brun-violacé, ou celle de Cefalù, grise, massive à
caractère récifal, employée à Cefalù et Palerme.
Plus au sud on passe à des calcaires pélagiques à
grain fin, de couleur jaune ou grise : Pietra argentaria de Trapani,
Gris de Trapani, Jaune de Segeste (jaune pâle à dendrites,
employé dans les mosaïques romaines), Lattimusa de Bisacquino (blanc
ivoire, en dallages dans les églises normandes de Palerme et Monreale). Entre
Trapani et Custonaci deux brèches intercalées dans les calcaires pélagiques de
Le problème des jaspes : ce sont les diaspri
des auteurs italiens, on pourrait aussi bien parler de diaspres, puisque ce
mot existait en vieux français, par déformation du latin iaspis. C'est une pierre dure,
formée de quartz microcristallin ou de calcédoine, comme les silex et les
radiolarites ; mais elle comporte un bon pourcentage de pigments, comme les
oxydes de fer (limonite, hématite) ou de manganèse, parfois de la chlorite
verte, d'où des couleurs et des dessins très variables (aspect bréchique,
noduleux, ramifications, lamines ondulées...). On a recensé environ 300
variétés de jaspes dans les églises baroques, où ils étaient employés sous
forme de tranches très minces ; les gisements les plus intéressants se
trouvaient à Giuliana et Bisacquino au sud de Corleone. L'origine des jaspes
siciliens n'est pas encore bien éclaircie, on a noté fréquemment à leur
voisinage la présence de coulées volcaniques interstratifiées, ce qui
permettrait d'invoquer une influence hydrothermale sur des silex ou
radiolarites. Ils étaient récoltés en surface sous forme de petits blocs, dans
des argiles ou dans le lit des rivières.

Jaspe de Giuliana Autre jaspe de Sicile
Les émaux (smalti) ont été très appréciés à
Florence et en Sicile pour la marqueterie de marbre, notamment pour figurer les
ciels nuageux ou comme substitut au lapis-lazuli. Ils ne provenaient pas de
Venise : ce sont des verres de couleur bleu clair ou grise, résultant de la
fusion naturelle de silex lors de la fabrication de la chaux vive, on les
récoltait au fond du four.
Custonaci
est la seule région productrice à l'échelle industrielle en Sicile. Elle était
inconnue à l'époque baroque, n'étant exploitée que depuis 90 ans, surtout
depuis la fin de
Les carrières sont réparties sur la pente du Monte
Erice sur une longueur de
Les deux principales variétés sont le Perlato
di Sicilia, jadis appelé Botticino Sicilia, et le Perlatino avec des
éléments sont plus fins.
Custonaci produisait autrefois l'Avorio Venato du
Jurassique supérieur-Crétacé inférieur à Marcato Gnarosa, les brèches de
Custonaci provenant du Monte Palatinone, le Libeccio de Cocuccio et Piano Perle
(brèche polychrome).

Custonaci, vue d'ensemble

Calcaire bicolore karstifié à Custonaci
D - Miocène
Au cours du Miocène, le SE
de l'île (plateforme hybléenne) est recouvert par une mer peu profonde, qui
dépose dans l'Est des calcaires bioclastiques de la formation Palazzolo, riches
en lamellibranches, échinodermes, algues calcaires, bryozoaires, dents de
requins. Ils affleurent largement et sont épais de centaines de mètres dans les
gorges du torrent Cassibile. Ces calcaires poreux et peu résistants ont été
largement exploités dans le passé, et le sont encore un peu actuellement. Vers
l'Ouest on passe à des faciès plus profonds : calcaires et marnes de la
formation Ragusa, surmontés des marnes de Tellaro.
Les latomies
de Syracuse se trouvent aujourd'hui en pleine ville, au nombre de 12,
s'étendant sur une longueur de

Latomie dite l'"Oreille de Denys", Syracuse Latomie des Capucins, Syracuse

Latomie des Cordiers, Syracuse

Tambour de colonne de plus de 3 m de diamètre et dégagement des tambours par double sillon, Cusa
A Akrai, près de Palazzolo Acreide, se trouvent
des carrières grecques souterraines, l'Intagliata et l'Intagliatella, décorées
de tableaux sculptés, qui furent ensuite transformées en tombeaux et
habitations. Dans la même région on extrait le jaune de Buccheri, calcaire
marneux à grain fin à Algues et Pectens, non pas dans une carrière mais par récolte
de blocs isolés
La pierre de Modica est une biocalcarénite à
foraminifères planctoniques ou à bioclastes de la formation Ragusa, en bancs de
0,5 à 2-
Le Rosone de Trapani est une calcarénite assez
compacte du Miocène inférieur-moyen, d'une couleur variable, verdâtre (avec
glauconie), jaune ou blanc sale, sur laquelle se détachent de gros nodules
blancs d'algues calcaires, évoquant des roses. Elle a été employée depuis le
Moyen-Age jusqu' en 1950.
Une carrière à Chiova (entre Custonaci et Trapani)
extrait encore le Nerello de Custonaci dans ces niveaux.
Les albâtre gypseux du Messinien ont été
exploités au XVIIIe siècle pour la sculpture d'objets de culte, comme des
crucifix ; on les trouvait à Valderice (rose à taches blanches, appelé pietra
incarnata), Gibellina (blanc et gris) et Partanna (blanc).
La pierre d'Aspra fut intensément extraite
entre Aspra et Bagheria (
Les carrières de Cusa, à
D'autres carrières ayant alimenté Sélinonte sont connues
à Cave del Barone à
Dans les Iles Eoliennes, l'obsidienne de Lipari fut très exploitée au Néolithique
(on a retrouvé les ateliers de taille) et diffusée dans toute

Coulée d'obsidienne plissée, Lipari Lave cordée de la coulée récente de l'Etna
Sur les
flancs de l'immense volcan de l'Etna on exploite les sombres basaltes
depuis des siècles pour les constructions et reconstructions de Palerme, à partir des coulées de -693 et -425,
et de 252, 1381 et 1669. Le coeur des coulées produit des basaltes compacts à
haute densité (2,6-2,8), et l'enveloppe des basaltes bulleux fracturés, plus
faciles à extraire autrefois. On y note des cristaux d'augite, et parfois
d'olivine et de plagioclases, ces deux derniers minéraux étant altérables.
Actuellement les exploitations de laves sombres, plus
ou moins bulleuses, se trouvent plus haut sur les pentes, comme à Belmonte et
Nicolosi. On en fait des dallages, des pavés et bordures, même des statues.
Montana signale de rares carrières de calcaires
marbriers anciens en activité, et quelques possibilités de réouvertures pour la
restauration.
Seule région de Custonaci est réellement active, avec
ses calcaires beiges Perlato et Perlatino, qui fournissent les trois quarts de
la production sicilienne.
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